2. Porte

Porte2

Décembre 2013, 29×64 cm, feutre et fil de soie naturelle

Après avoir brodé pendant des jours un espace de portes ouvertes sur d’autres espaces qui, pour moi, sont signe d’ouverture, d’espoir, d’envie d’aller plus loin, de curiosité, d’optimisme, le sentiment contraire m’est arrivé. J’ai eu envie de voir cette porte fermée. Comme si j’avais le choix de refuser l’extérieur, de refuser l’effort pour aller vers, de ne pas collaborer avec ce monde.

Au-delà de ce sentiment personnel et passager, il y a le fil qui court. Le fil de soie. Qui arpente. En long en large et dans les méandres. Certains m’ont parlé de champs vu d’avion. D’autres des veines du bois. J’ai pensé au temps, évidemment. Le fil est cousu au feutre dans son épaisseur avec un simple fil à coudre. Faire ce travail aussi minutieux pendant des heures développe l’écoute de la matière. L’âme est bercée par la couleur et l’irrégularité du fil. Le silence nous habille. Heureusement qu’il n’y a plus de but à ce moment là ! C’est tout entier le plaisir d’être là comme devant un feu de cheminée à regarder les braises respirer.